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| Christian Martin vient voir son patron, M. Barnier, tôt le matin, à son domicile, pour lui annoncer de grandes nouvelles. Mais ce dernier a demandé à Charles, son domestique, à ce qu'on ne le réveille pas avant 11 heures... [Charles frappe à la porte de sa chambre. M. Barnier ne répond pas] [Martin lui fait signe d'insister] [Charles frappe lourdement. Barnier se réveille enfin et hurle derrière la porte] QU'EST-CE QUE C'EST ?!? [Charles, un peu apeuré] C'est... c'est M. Christian Martin, Monsieur ! [Barnier] QUE... QUE... QUOI ?! [Charles répète] M. Christian Martin ! [Barnier] Mais qu'e' qu'y veut ? [Charles] Il a quelque chose de très important à vous communiquer, Monsieur ! [Barnier rouspète, et prononce des mots incompréhensibles] [Charles ne sait plus quoi dire] Ah ! Bon... Eh bien, je vais lui dire, Monsieur ! [Barnier continue de râler]
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| Barnier sort de sa chambre, plutôt énervé d'avoir été ainsi réveillé. [Barnier] Qu'est-ce qu'il y a, qui ne va pas ? [Martin] Ah, bah, tout va très bien... Monsieur... [Barnier] Alors, qu'est-ce que vous faites là ?! [Martin] Je suis venu vous demander une augmentation ! [Barnier] Dites, je... je vais vous demander une chose, là... [Le ton monte] Dites, vous vous foutez de moi, là ?! [Martin] Monsieur, je ne me permettrai pas ! [Barnier] Alors, vous avez le culot, de venir me réveiller chez moi, à 8 heures du matin, pour me demander une augmentation !! [Martin tente de se justifier] Lorsque vous saurez à quel... [Il le coupe sèchement] Je veux pas l'savoir ! [Martin] Ma vie en dépend, Monsie... [Barnier le coupe à nouveau] Mais j'm'en moque pas mal ! M'enfin, mais vous vous rendez compte ! Si tous mes employés venaient ici pour, pour me raconter leur vie ! Vous mériteriez que je vous flanque à la porte tout de suite ! [Martin] Si vous me permettez de vous exposer les circonstances qui ont motivé ma conduite, et... [Barnier continue] Ecoutez, vous m'expliquerez tout ça, au bureau, voilà ! [il remonte se coucher] [Martin] Bon alors, si je comprends bien, votre réponse est défavorable ! [Barnier] Ecoutez mon p'tit vieux, il y a certainement quelque chose qui ne tourne pas rond chez vous ce matin... Alors, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de vous en aller iiiimédiatement, et de préparer vos excuses, pour cet après-midi !
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| [Martin] M. Barnier, j'ai le grand honneur de vous demander la main de Mademoiselle votre fille ! [Barnier] HEIN !?! [Martin] Oui, Monsieur, c'est elle dont il s'agit ! [Barnier] NON ?! [Martin] Si. [Barnier] OH !! [Martin] Et permettez-moi d'offrir à Madame Barnier ce témoignage de ma profonde gratitude ! [Il lui tend un bouquet de fleurs] [Barnier le jette à la tête de Charles, furieux] Remportez-moi ça, vous !! [Charles] Oui, Monsi... [ALLEZ !] [Barnier emmène Martin dans son bureau] Venez par ici, vous ! ALLEZ HOP ! Venez par ici... venez par ici... ici ! C'est ici...
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| [Barnier] Bah, hé... vous avez... vous avez hérité ? [Martin] Non, Monsieur ! [Barnier] Bah alors, d'où... d'où sortez-vous tout cet argent ?! [Martin] Je vous l'ai volé ! [Barnier croit avoir mal compris] Comment ? [Martin] Je dis... je vous l'ai volé ! [Barnier ne comprend toujours pas] Qui... à moi ? [Martin] A vous ! [Barnier pense qu'il plaisante] Ho... han... enfin, c'est... c'est pas possible ! [Martin] Oh, si, si, je vous assure ! [Barnier change soudainement de visage] C'EST PAS POSSIBLE !! [Martin prend peur] Gardez votre sang-froid, M. Barnier, je vais vous expliquer... [Il agite une clochette que lui a remise Charles en vue de le faire venir en urgence] [Barnier, furieux] C'EST UNE PLAISANTERIE ! [Martin] Oh, M. Barnier, je n'aurais pas l'audace de plaisanter avec vous... [Charles arrive] Monsieur m'a demandé ? [Martin] Apportez immédiatement deux cachets d'aspirine pour M. Barnier ! [Charles s'inquiète] Monsieur ne se sent pas bien ? [Martin] Non, pas très bien... allez, allez, vite, dépêchez-vous... [Barnier, choqué] Mais qui aurait pu croire une chose pareille ?! [Martin] Personne, évidemment ! Ca... je me doutais bien que ce serait une surprise pour vous !
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| [Barnier] Elle, euh... [longuement hésitant] Elle vous aime ? [Martin] Je le crois, Monsieur. Je peux même dire que j'en suis sûr ! [Longuement hésitant] Elle m'a donné des preuves... [Barnier, soupçonneux] Quelles preuves ? [Martin prend peur et agite de nouveau sa clochette] [Barnier s'énerve] Mais qu'est-ce que vous faites encore avec cette clochette ?! [Martin] Vous me demandez quelles preuves votre fille m'a données, je fais venir l'aspirine ! [Barnier] Enfin, c'est une manie de vouloir me faire prendre de l'aspirine ! [Martin] Monsieur Barnier, [essoufflé] j'ai horreur des cachotteries ! [Barnier] Ca, vous l'avez prouvé ! [Martin reprend] Alors, voilà... c'est une chose dont nous pouvons parler entre hommes ! [Barnier, agacé] OUUUIIIIIII ! [Martin] Je suis l'amant de votre fille. [Barnier] QUOI ?!? [Charles arrive] Monsieur m'a appelé ? [Barnier] Sortez d'ici, vous ! [Charles, étonné] Ah ? Bien, Monsieur ! [Barnier le rappelle] Non, pas vous ! Lui ! [Martin] Moi ? [Barnier] Ou, plutôt, non ! Vous, restez, et vous, sortez ! [Charles, intimidé] Je vous demande pardon, Monsieur, mais j'ai pas très bien compris... lequel de nous deux doit sortir et lequel doit rester ? [Barnier] Allez réfléchir à ça dans la cuisine, vous ! [Charles, résigné] Bien, Monsieur. [Barnier reprend] ALORS ?! [Martin] Alors, voilà...
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| [Colette] Bah, qu'est-ce qui ne va pas, mon gros canard ? [Barnier] Colette, je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler par des noms d'animaux ! Voilà ! [Colette] Bah, pourquoi ?! C'est gentil, un gros canard ! [Barnier] On appelle pas son père comme ça ! [Colette] Haaannn, mais t'es vieux jeu, Papa ! [Barnier] Et toi, tu serais peut-être un peu trop moderne... si j'en juge par ce que je viens d'apprendre ! [Colette] Tu viens d'apprendre quelque chose, Papa ? [Barnier] OUI ! Je sais tout, figure-toi ! [Colette] Mais tout quoi, Papa ? [Barnier] Fais pas l'innocente, hein ! Tu sais trèèès bien ce que je veux dire, et tu ferais beaucoup mieux de me donner des explications ! [Colette] A quel sujet ?! [Barnier] Au sujet de ton amant !! [La servante arrive par derrière. Il fait mine de répéter sans attirer son attention] Au sujet de ta maman... [Elle s'éclipse en souriant malicieusement vers Colette. Barnier reprend en serrant les dents] Au sujet de ton amant ! Allez, parle ! [Il frappe le dossier du siège où est assise Colette. Elle fait semblant de gémir] Hiiiiiinnnnnnnnnn ! [Tu vas pas recommencer à faire ton bruit, bon sang !] [Il poursuit en hurlant pour couvrir ses cris] Il est venu me demander ta main ! [Elle s'interrompt brusquement] Il est venu... te demander ma main ?! [Barnier] Oui, il sort d'ici, à l'instant ! [Elle recommence à gémir] Oooooooooohhhhhiiiiinn.... [tu vas pas recommencer, hein !] [Elle s'explique] Mais cette fois-ci, je pleure pour de vrai, Papa ! J'étais sans nouvelles de lui depuis quinze jours, je croyais qu'il m'avait abandonnée... [Barnier] Mais il manquerait plus que ça, qu'il t'abandonne, je voudrais bien voir ça, par exemple ! [Colette] Mais Maman avait justement l'intention de t'en parler... [Barnier] Parce que ta mère est au courant ?! [Colette, étonnée] Oui... [Barnier] Alors, je serai donc toujours le dernier à être informé de tout ce qui se passe dans cette maison ! [Colette] Alors, tu veux bien ? [Barnier] Quoi, qu'est-ce que je veux bien ? [Colette] Bah, que je devienne sa femme... [Barnier] Bon écoute, ma petite fille, nous n'en sommes pas encore là, et jusqu'à preuve du contraire, vous n'êtes pas encore mariés... voilà ! [Elle se remet à gémir] Hiiiiiiiinnnnnnn ! [Il la menace] Et si tu continues à faire autant de bruit, je te mettrai pensionnaire dans une institution religieuse ! [Elle hurle de plus en plus fort] Haaaaaaiiiiiiiiiiiiinnnnnnnhinnnnhinnnnn ! [Il renchérit] Jusqu'à ta majorité ! [Elle reprend de plus belle. Il poursuit] Et où ça ?! En Auvergne ! [Il s'en va. Elle continue de hurler dans le couloir, puis elle croise la servante] Mademoiselle ! [Elle aperçoit la servante. Elle s'arrête instantanément de hurler]
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| Après s'être disputée avec son père, Colette a croisé la servante, qui lui a glissé l'idée de faire croire qu'elle était enceinte afin que son père l'autorise à se marier... [Colette se met à hurler pour faire venir son père] Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnhinhinhinhinhin ! [Barnier, exténué] ALORS ! CA CONTINUE ?! [Colette s'arrête brusquement] Papa, j'ai à te parler. [Barnier, sèchement] Nous verrons ça plus tard ! [Elle hurle] [Barnier] Bon, c'est entendu, je t'écoute ! [Colette] Mon petit Papa, il y a une chose qui va te faire tomber des nues ! [Barnier] J'en tombe depuis ce matin... [Colette] Papa... nous l'appellerons Blaise ! [Barnier] Qui ça ? [Colette] Son enfant... [Barnier] L'enfant de qui ?! [Colette] Le nôtre ! [Barnier] Le vôtre ?! [Colette] Notre petit enfant, quoi ! Tu comprends donc pas ?! [Barnier] Non.... [Deux secondes après, il comprend. Son visage change] C'est pas possible... Oh, nooooon ! C'est pas possible... je n'ai pas compris ! [Il poursuit] C'en est trop dans la matinée ! Dis-moi que ce n'est pas vrai ! Vous n'allez pas l'appeler Blaise !
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| [Barnier] Germaine, j'ai à te parler ! [Germaine] Oui ? [Barnier] Ta fille a un amant ! [Germaine, l'air naturel] Moi aussi... [Barnier] QUOI ?! [Germaine] Je dis... moi aussi, j'ai à te parler... [Barnier] Raaah... bon... alors vas-y, je t'écoute ! [Germaine] Ta fille a un amant. [Barnier] M'enfin, c'est moi qui viens de te le dire ! [Germaine] Oui, mais je le savais avant que tu me le dises. [Barnier] Ouais, bon... tu sais sans doute aussi, qu'elle attend un enfant ? [Germaine, toujours aussi naturelle] Bien sûr ! [Barnier, choqué] Eh bah, c'est du propre ! [Germaine] C'est le sort de toutes les femmes... [Barnier] Brrrrravo, tu as les idées larges ! [Il aperçoit sa fille au loin. Elle se cache] Ehhhh ! Dis-donc... Non ! Ne te cache pas, j't'ai vue ! EH ! SORS ! Allez ! Allons ! [Le ton inquisiteur] Viens ici ! Qui est-ce ?!
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| [Barnier] Qui est-ce ?! [Colette] Bah, tu le sais aussi bien que moi, puisqu'il est venu te demander ma main ! [Barnier] Oui, oui, non, mais je... oui, mais je veux entendre prononcer son nom de ta propre bouche, comme ça, pour m'amuser, pour le... la musique, enfin... qui est-ce ?! [Colette, intimidée] C'est Oscar... [Barnier] Oscar ?! Qui c'est ça, Oscar ? [Germaine] Ben voyons, Bertrand, tu perds la mémoire ! Oscar, c'est ton chauffeur... [Barnier s'énerve] Tu attends un enfant de mon chauffeur ?!? [Germaine] Tu préférerais peut-être que ta fille ait plusieurs amants ? [Barnier] Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour être accablé comme ça par le destin ?! [Germaine] Je ne vois pas en quoi c'est un si grand malheur, de marier notre fille à un honnête garçon... Invite-le tout de suite à déjeuner ! [Barnier] Mais comment veux-tu que je l'invite à déjeuner ?! Je l'ai foutu à la porte il y a quinze jours ! [Colette se met à hurler] Hiiiiiiinniiiniiinhinnhiiinnnnnn ! Uhhhhh, Maaaaamaaaaaaannnnnn, hiiiiiin ! [Elle se réfugie dans les bras de sa mère] Allons, allons, ma petite fille, ne t'en fais pas... ton papa va arranger ça ! [Barnier, choqué] Ma fille, déshonorée par mon chauffeur ! [Germaine] Personnellement, je préfère que ma fille ait succombé aux charmes d'un chauffeur séduisant... plutôt que de s'être laissée approcher par ton ridicule baron de la Butinière que tu voulais lui faire épouser ! Et qui est rempli de boutons ! [Colette continue de sangloter] M'maaannnn... mmmm... [Germaine] Ma chérie... va pleurer dans ta chambre... [mmh, mmmmh !] [Elle poursuit] Et ferme la fenêtre à cause des voisins !
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| [Bernadette] J'aurais besoin de parler à Monsieur... [Barnier] Ecoutez, c'est vraiment pas le moment ! [Bernadette] C'est que c'est très urgent ! [Barnier] Rffffblll ! Bon alors, venez par ici... [L'emmenant dans une autre pièce] Bon alors, allez-y, je vous écoute ! [Bernadette] C'était pour prévenir Monsieur que je ne pourrais pas rester plus longtemps à son service... [Barnier] Allons bon, bah y manquait plus que ça, maintenant ! Et pourquoi partez-vous ? [Bernadette] Je me marie, Monsieur ! [Barnier] Eh bah vous, au moins, vous avez de la chance ! [Hu hu hu !] Et avec qui ? [Bernadette] Ah, bah Monsieur le connaît très bien ! Il venait souvent, ici ! [Barnier, étonné] Tiens ?! Mais qui est-ce ? [Bernadette, enjouée] Honoré de la Butinière ! [Barnier, agréablement surpris] C'est pas possible ! [Elle rit] [Il reprend] Ho ho ho ho ! "Le Boutonneux" ? [Son visage se crispe soudainement] Je voudrais signaler à Monsieur qu'il n'a plus de boutons ! [Barnier] Ah ?!
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| [Barnier] COLETTE ! Dis-donc, toi ! Dis-donc, toi... c'est vrai ce qu'il vient de me raconter au sujet du masseur ? [Martin] Chht... il est là-haut ! [Barnier] JE M'EN FOUS ! C'est un abruti qui comprend rien, je m'en fous... Alors ?! [Il la brutalise] ALORS ?! [Elle hurle] PAAAAAAARLE ! [Il poursuit] Alors, c'est vrai ?! [Colette] Oui Papa... [Martin renchérit] Elle trouve que je ne suis pas du tout son genre, hein, n'est-ce-pas Colette ? [Colette, renfrognée] Non, pas du tout ! [Martin] Alors, si elle préfère M. Dubois, lui ou un autre, après tout... [Barnier] Oui, eh, eh ! Voilà qui change tous mes plans ! [Martin] Mais non M. Barnier, vous me rendez mon petit papier, et moi je vous laisse la valise ! [Barnier] Ne nous emballons pas ! Si ça ne marche pas avec celui-là, je tiens à vous garder sous la main... Voilà !
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| [Barnier] Il est quand même très bien ce garçon, c'est dommage que tu l'épouses pas ! [Colette] Oui, mais moi, je préfère l'autre ! [Barnier s'énerve et la brutalise] Ngggggh... [Elle hurle] LA FERME ! Je vais essayer de le convaincre... [Il monte à l'étage, où l'attend Philippe Dubois, le masseur. Il fait quelques exercices physiques pour patienter] [Barnier] Aaaaah, sacré Philippe ! [Il continue de s'entraîner] Nan, eh, oh, oooh ! OOH ! EH ! Je suis là ! [Le remarquant enfin] Ah ! Bonjour M. Barnier ! [Ha ha ha ha !] [Il lui serre la main très fort] Ooooouuuuuh ! [Il poursuit] Comment vous sentez-vous ? [Barnier] Pas mal, et vous ? [Dubois] Vous avez travaillé vos abdominaux ? [Il lui tape sur les abdominaux] Aïe ! Ouh... Je n'ai pas eu beaucoup le temps... [Il poursuit] Ah, mais ça se voit ! [Il continue de le taquiner] Ouh ! [Dubois] Ah oui, parce que... [il rigole bêtement] [Il s'interrompt lorsque Barnier le regarde] Un p'tit whisky ? [L'air sérieux] Jamais d'alcool ! [Barnier] Un p'tit café ? [Toujours aussi sérieux] Jamais de café ! [Barnier] Un p'tit... citron pressé ? [L'air enfantin] Pfff... plutôt un verre de lait ! [Barnier] Bon, bah, on verra ça un autre jour !
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| [Barnier] Aaaaaah ! AAAAAAAAAAH ! Qu'est-ce que c'est que ça ?! QU'EST-CE QUE C'EST QUE CA ?!? [Dubois] Bah, eh, c'est un soutien-gorge ! [Barnier] Nom d'un chien, c'est la valise de la bonne ! Elle a dû emporter ma valise chez le baron !! [Dubois] Mais quel baron ?! [Barnier] L'ancien fiancé de ma fille ! [Dubois] Mais votre fille est fiancée avec un baron ? [Barnier] Non, elle a préféré Oscar ! [Dubois] Oscar ? [Barnier] Oscar ! Mon ancien chauffeur ! Dont elle attend un enfant, et qui est parti pour le Pôle Nord ! [Dubois] Le Pôle Nord ?! [Barnier] Oui ! Pendant qu'un de mes employés me volait 60 millions, pour épouser ma fille, qui n'était pas la mienne ! Voilà maintenant la bonne, qui est partie avec les bijoux ! Vous comprenez, maintenant, pourquoi je voulais vous la faire épouser, hein ?! [En le frappant] Vous comprenez, vous aussi ?! [On sonne à la porte. Il réagit au quart de tour] Bernadette ! [Germaine] Qu'est-ce qu'il a ?! [Barnier] Bernadette ! Bernadette ! Oh !
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| [Barnier compte les billets de la valise] Et je ne suis pas mécontent d'avoir roulé une seconde fois cet escroc ! [Germaine] Bertrand ! [Il ferme la valise en vitesse] J'ai appelé le bureau de placement pour avoir une nouvelle bonne, ils en envoient une tout de suite ! Il faut que je pense à tout dans cette maison... [On entend Colette hurler au loin] Qu'est-ce qu'il y a encore ?! [Germaine] C'est à cause d'Oscar, cette petite est inconsolable ! Bertrand, il faut retrouver ce garçon ! [Barnier] Mais c'est impossible ! [Germaine] Si tu ne l'avais pas renvoyé à la base, Oscar ne serait pas parti au Pôle Nord ! [Barnier] Alors là, je ne vois pas le rapport ! [Germaine] En tout cas, c'est de ta faute ! [Barnier s'en va] Alors moi, je renonce à discuter plus longtemps avec toi... à bientôt ! [Germaine] C'est ça ! A bientôt ! [Continuant de consoler Colette] On va le retrouver, ton Oscar, ma p'tite fille ! On va le retrouver... [Colette] Oscar ?! J'veux plus l'revoir ! [Germaine] Ah bon ? Pourquoi ? [Colette] Bah c'est vrai, ça ! Se sauver comme ça, parce que le masseur de Papa lui fait une petite réflexioooonnnn ! [Elle sanglote de plus belle]
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| [Germaine] C'est ton père qui va être content ! [Barnier traverse la pièce à la vitesse de l'éclair] Abapapapapapaaaaap ! Pa, pa, pa, paaaa, [Il s'empare de la valise.Germaine hurle] paaaaaaap ! [Il prononce des mots incompréhensibles] [Germaine] Tout ceci me paraît extrêmement bizarre... [On sonne à la porte] Depuis que nous n'avons plus de bonne, il n'est jamais venu autant de monde dans cette maison !
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| [Barnier] Vous avez devant vous, une valise, qui contient 60 millions en billets de banque ! [Dubois] Mais vous me parliez de bijoux ?! [Barnier s'énerve] Ouuuuhhh, nnnngh, écoutez, hein ! Vous avez déjà assez de mal à comprendre, ne cherchez pas encore des complications, là ! Je dis donc, 60 millions en billets de banque dans cette valise, qui est devant vous ! Epousez ma fille, et cette somme vous appartient ! ALLEZ ! Allez ! CLAC ! [Dubois hésite] Vous ne me croyez pas, hein ?! Alors, ouvrez cette valise, et vous allez voir que je ne suis pas aussi fou que j'en ai l'air ! Barnier insiste en faisant le pitre] Allez ! CLAC ! Clac ! ALLEZ ! Clac ! Clac ! Allez ! Clac ! Ouvrez ! Clac ! ALLEEEEEEZ ! CLAAAC ! [Il ouvre la valise, et en sort... un soutien-gorge] AAAAAAAAAAAAAHHHHHHH ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH ! Je suis zinzin ! Je suis zinzin ! AAAAH ! Je suis zinzin ! Je suis zinziiiiiiiinnnn... Haaaaa, haaaa, aah ! Haaa ! Je suis zinziiiiiin... Haaaaa ! Haaaaa ! [Germaine arrive] Que se passe t-il ? [Charles, imitant ses grimaces et sa gestuelle] Il est zinzin ! [Germaine] Que se passe t-il encore ?! [Dubois] Madame Barnier ! J'ai l'impression que M. Barnier est en dérangement ! [Germaine] Eh bien, il faut demander les réclamations...
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| [Barnier] Aaaaaah ! Aaaaaaah ! [Germaine l'imite] Aaaaaah ! Pourquoi cries-tu comme ça ? Tout est arrangé ! [Barnier] Mais non, rien n'est arrangé, au contraire ! Car c'est la valise que j'ai rendue à M. Martin ! [Germaine] Si tu tenais tellement à cette valise, je ne vois pas pourquoi tu l'as rendue à ce M. Martin... [A Colette] Il fallait me prévenir, espèce de petite idiote ! [Germaine] Bon ! Eh bien, maintenant que tu as eu toutes les explications que tu désirais... [Barnier la coupe] Ce n'est pas fini !! [Germaine] Allons, bon ! [Barnier poursuit] M. Martin m'avait apporté une autre valiseeeee... [Dubois] Celle qui contenait 60 millions en billets de banque ! [Germaine] Ah vous, ne continuez pas ! [Barnier hurle] SILEEEEEEEENNNNNCE ! JE VEUX SAVOIR OU ELLE EST !! [Germaine] N'as-tu pas demandé toi-même au baron de la faire reprendre par le chauffeur ?! [Barnier tombe des nues] Il est venu ?! [Germaine] Il y a dix minutes... [Barnier] AAAAAAH ! [Germaine réplique] AAAAAH ! AAAAAAH ! AAAAAAH ! AAAAH ! [Germaine panique] Il faut appeler le Docteur Poussin tout de suite ! Tout de suite !! [Barnier continue de hurler] [Barnier] 60 millions de bijoux ! 60 millions de liquide disparus ! [Regardant Colette] Et tout ça par ta faute ! Regardez, ce qu'elle a l'air bête, celle-là ! Elle est comme ça, [grimaçant] bweeeeh ! [Germaine] Tu deviens fou, Bertrand ?! [Barnier] Oui, j'deviens fou ! Oui, j'deviens fou ! C'est vrai que j'deviens fou ! [A Colette] Et toi t'auras pas de dot ! RIEN ! Mais tu n'auras rien ! T'as plus rien du tout... [A Germaine] Parfaitement, tiens, regarde, tiens ! Regarde, j'deviens fou, moi, r'garde ! [Il se met à sautiller autour d'un téléphone par terre] CLAC, CLAC, CLAC... CLAC, CLAL, CLLL...AAAC ! Hop, hop, Clac, Yaaaap ! Et voilàààà... [A Colette] Tu n'auras riiiieeeen ! Mais riee... Mais rien ! Tu n'auras rien, mais riiiieenn.... Comme ça... rien ! Comme ça !
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| [Barnier] Allô ! Allô Docte... euh... Allô Baron ? Oui... est-ce que Bernadette est là ? Comm... ? C'est Barnier ! [...] Elle est repartie ? Pourquoi ça ?! Mais si, ça m'regarde ! Non, mais attendez... avec quelle valise est-elle partie ?] [...] Oui, mais moi je n'm'en fous pas, figurez-vous ! Oui ? Non mais dites donc, vous en êtes un autre ! Crétin ! Triple andouille !! Boutonneux !! [Il repose le téléphone et se tourne vers les autres] Il a des boutons, il est comme ça... des boutons... boutonneux... [Il se met à imiter le Baron en train de lutter avec ses boutons d'acné : il tire dessus, joue du violon avec, souffle dedans pour les faire exploser...]
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| [On sonne à la porte. Barnier râle] Le revoilà ! [Charles ouvre la porte. C'est une dame qui postule pour être leur nouvelle servante] Bonjour Monsieur... je suis envoyée par le bureau de placement. [Barnier] Qu'est-ce que c'est ? [Charles] C'est de la part du bureau de placement, Monsieur ! [Barnier] Ah, oui ! [Charles répète] Le bureau de placement, monsieur... [Barnier] Non mais c'est pas grave, voyons... [il se met à chantonner tout en accompagnant la personne à l'intérieur] [Elle s'assied] Merci, Monsieur ! [Barnier] Ah, le bureau de placement vous a expliqué de quoi il s'agissait ? [Elle poursuit] Oui, Monsieur, je suis au courant ! [Barnier] Vous avez peut-être des certificats ? [Mais naturellement, Monsieur !] Ah... [Elle fouille dans ses papiers] Le premier date d'il y a 24 ans... [Barnier, étonné] Vous étiez déjà placée il y a 24 ans ? [L'air complice] Oui... et ça m'a même fait tout drôle lorsque le bureau de placement m'a demandé de venir me présenter ici ! [Barnier, toujours aussi étonné] Pourquoi ça ?! [Elle poursuit] Oh, je ne voulais pas venir, d'abord, et puis... je me suis décidé tout de même ! [Barnier] Vous vouliez pas venir ?! Pour quelle raison ? [Elle lui tend un certificat] Tenez, lisez celui-ci... [Barnier lit] Je soussignée... [il s'interrompt brusquement] Madame Eugène Barnier ?! [Etonné] Mais c'est l'écriture de ma maman ! [Oui...] [Il se souvient de cette personne] Charlotte !! [Souriante] Mais oui, c'est moi ! J'ai servi chez vos parents il y a 24 ans ! [Barnier] Oooh, ça alors ! [Charlotte] Le temps passe ! Vous étiez un tout jeune homme... [Barnier] Bah écoutez, c'est pas difficile, j'avais... [Charlotte complète sans hésiter] 22 ans ! Et vous habitiez encore chez vos parents ! [Barnier, heureux] Mais ça me fait plaisir de vous revoir ! [Charlotte] Moi aussi, Monsieur Bertrand ! [Barnier] Je vous retrouve très bien, maintenant ! [Charlotte] A cette époque-là, j'étais jeune ! [Barnier] Et... qu'êtes-vous devenue, depuis ? [Charlotte] J'ai continué à servir chez les autres... [Barnier] Ooooh... jamais mariée ? [Charlotte] Non... mais j'ai une fille ! [Barnier] C'est pas possible... quel âge a t-elle ? [Charlotte] Elle va bientôt se marier ! [Barnier pousse un cri aigu] Wouuuuuuuuuh ! Mais c'est merveilleux ! [Charlotte, l'air embarassé] Oui ! Seulement, je suis un petit peu gênée, vis-à-vis de son fiancé, de ne pas pouvoir lui donner une petite dot... [Barnier, sans hésiter] Bon alors, écoutez ! Maintenant que nous nous sommes retrouvés, j'espère que vous me permettrez de lui faire un joli cadeau pour son mariage ! [Charlotte, ravie] Vous êtes vraiment très bon, Monsieur Bertrand ! [Barnier] Bon dites, je voulais savoir, maintenant, le... le fiancé... comment est-il ? [Charlotte] Oh, c'est un garçon très bien ! Il a une très très belle situation ! [Barnier pousse un nouveau cri aigu] Wouuuuuuuuh ! Mais vous devez être contente ! [Charlotte] Mais oui, mais, pensez donc... il gagne 6000 francs par mois... il est directeur commercial d'une très grosse entreprise... [Barnier, qui commence à comprendre, repousse le même cri, mais en faisant la grimace] Wouuuuuuuuuh... il s'appelle pas... Christian Martin, par hasard ?! [Charlotte n'en croit pas ses oreilles] Vous le connaissez ?! [Barnier] Comment, si je le connais, mais je ne connais que lui ! Et surtout depuis ce matin ! Mais alors... vous êtes la mère... de Jacqueline ! [Charlotte] Vous la connaissez aussi ? [Barnier s'emporte] Comment, si je la connais, mais m'enfin... c'est ma fille ! [Charlotte, spontanément] Vous le saviez ?! [Barnier ne se rend pas compte] Comment ? [Charlotte] Vous le saviez, que Jacqueline était votre fille ? [Barnier tombe des nues. Atterré par cet aveu, il se met à marcher avec nonchalance, en titubant autour du salon, sur fond de musique triste]
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| [Barnier] Elle est là... [Charlotte] Qui ? [Barnier] Notre enfant ! [Charlotte] Jacqueline ?! [Barnier] Oui, Jacqueline ! [Il l'appelle] Jacqueline ! [Elle est tellement mignonne...] [Jacqueline descend, étonnée] Maman ?! [Charlotte] Ma petite fille ! [Jacqueline] Mais qu'est-ce que tu fais ici ? [Charlotte] Ma petite Jacqueline... je te présente ton père ! [Jacqueline n'en croit pas ses oreilles...] Mon père ?! [Charlotte] Mais oui ! Je t'avais toujours raconté que tu étais orpheline.... Et maintenant, il faut que tu saches la vérité... Monsieur Barnier est ton papa ! [Jacqueline] LE VRAI ?! [Charlotte] Oh, oh, le seul ! [Jacqueline saute sur sa mère] Ooooh, Maman ! [Martin, qui a tout entendu, surgit soudainement] Monsieur Barnier, il faut que nous nous embrassions !
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| [Barnier] Il y a, là-dedans, de quoi faire votre bonheur... Allez ! CLAC ! [Martin ouvre la valise... qui contient...] AAAAAAAAAH, AAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Bernadette !
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