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| [Don Salluste] La gabelle, la taille, l'impôt sur les épices... pour cette année, ça fait combien ? [Le notable] 200 000 ducats, Monseigneur. [Etonné] Mais l'année dernière, ça faisait beaucoup plus ! [Le notable] Oui, mais la récolte avait été très bonne ! [Don Salluste] Cette année, la récolte a été très mauvaise, alors il faut payer le double ! [Les villageois protestent] [Il arrive devant les coffres remplis] Les impôts, tout ça c'est pour le Roi ! [Le notable] Mais Don Salluste, nos gens sont terriblement pauvres, et... [Il le coupe sèchement] C'est normal ! Les pauvres, c'est fait pour être très pauvres, et les riches, très riches ! Voilà !
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| [Don Salluste] Et maintenant, Blaze, flattez-moi ! [Blaze, à contrecoeur] Monseigneur est le plus Grand de tous les Grands d'Espagne ! [Don Salluste, insatisfait] C'est pas une flatterie, ça ! C'est vrai ! Alors ?! [Blaze, en chuchotant] Imbécile... [Don Salluste, outré] Qu'est-ce que vous dites ?! [Blaze] Non, imbécile, que j'ai répondu au valet du Duc d'Alpes ! Non, mon maître n'est pas le résultat de mariages consanguins ! "Tu ne l'as pas regardé", qu'y me dit ! Ah mais, faut pas s'fier aux apparences, que j'lui réponds ! C'est pas... c'est pas parce que sa mère avait épousé le demi-frère de sa tante, qui était elle-même la cousine germaine de la soeur de son père qui, qui, euh... [il s'arrête, à court d'idées] [Don Salluste] Êtes-vous bien sûr que c'est une flatterie, ça ? [Blaze, gêné] Euh... j'avais pensé à autre chose, mais, j'ose pas ! [Don Salluste, enjoué] Oh si si si, osez, allez-y ! Alleeeez ! [Blaze] Monseigneur est... Beau ! [Etonné, il se regarde dans la glace] Est-ce que vous pensez vraiment ce que vous dites ? [Blaze, gêné] Bah... je flatte !
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| [Blaze chante en pensant à la Reine d'Espagne, dont il est secrètement amoureux] [Don Salluste, qui dort à l'étage du dessous] Roooh ! On a un grand pendard qui chante maintenant ! Eh ! Là-haut ! Blaze ! Blaaaaze ! Taisez-vouuus ! Vous allez réveiller tout le palais ! [Il continue de chanter] [La Reine est flattée par ses chants] [Blaze s'adresse au téléspectateur] C'est la Reine ! Elle est bavaroise ! [Don Salluste répond] Elle est jolie, mais elle est bête ! [Blaze continue de chanter. La Reine, toujours à son balcon, écoute la sérénade. C'est alors que Doña Juana, la duègne, fait irruption dans sa chambre] [Doña Juana] Majesté ! Une Reine d'Espagne n'écoute pas de chansons, quand le Roi est à la chasse ! [Elle ferme les volets] [Blaze se met alors à danser] Qui va à la chasse, perd sa place ! [...] Parce que moi, la Reine, je l'aime ! Moi, un valet, j'ose ! [Ses pas font du bruit à l'étage du dessous. Don Salluste s'énerve] Il tape des pieds, maintenant ! Eh ! Eh ! Attends, tu vas voir ! [Il monte sur une table] Blaze, mon valet, amoureux de la Reine ! Il est fou ! Il va se faire écarteler ! Eh ! Tu vas voir ! Viens ici, toi ! Viens ici ! [Blaze continue de chanter et danser] Y chante ! Y tape ! Y piétine ! Eh ! [Debout sur la table, il tape au plafond avec un manche en bois] C'est fini, oui, de faire le joli coeur à deux heures du matin ?! [Il tape au plafond] Eh ! Oh ! [Il tape plus fort. Le manche transperce le plafond. Blaze s'arrête de danser, et saisit le manche]
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| Blaze réveille Don Salluste en douceur, en faisant tinter des pièces d'or. [Blaze] C'est l'hooooooor ! Il est l'hoooooooor ! L'hooooooor de se réveiller ! Monseignoooooor ! Il est huit hooooooooor ! [Il s'arrête et grimace] Gouzi, gouzi, gouzi ! [Don Salluste, faussement endormi, lui fait signe de continuer, puis se réveille brusquement au son des pièces] Il en manque une ! [Blaze] Vous êtes sor ? [Don Salluste] Tout à fait sor ! [Blaze] Oh bah ça alors ! [Don Salluste] Regardez sous le lit ! [Il regarde] [Don Salluste la voit au loin] Là-bas ! Regardez ! Elle est là ! Ah haaa ! [Il s'approche de Blaze, la pièce à la main. Quelque chose le gêne...] Oh Blaze, regardez, regardez un peu, regardez ! [Quoi ?] Regardez ! [Mais quoooi ?!] Vous êtes trop grand ! Vous êtes mon valet, vous êtes trop grand ! Alors, allez, nggh... [il l'abaisse, et montre son crâne] Il faut que je voie ça, moi !
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| Don Salluste vient de se faire destituer par la Reine. On emporte toutes ses affaires. Il tente alors d'en sauver quelques-unes en les cachant dans ses poches... [Blaze, complice] La Reine a dit de tout prendre ! TOUT ! [Don Salluste, coincé] Moi, j'n'ai rien pris ! [Blaze, malin] Si ! [Il le soulève, et le secoue au-dessus du sol. Tous les objets qu'il cachait tombent par terre] Qui c'est qui m'a mis ça dans mon pantalon ?! [Dépité] Qu'est-ce que j'vais d'venir ? Je suis Ministre, je n'sais rien faire ! [Blaze] Oh, on n'a plus qu'à se chercher une place tous les deux, Monseigneur ! [Don Salluste, exaspéré] Oh, VOUS ! Foutez-moi le camp ! Disparaissez, que je ne vous revoie jamais ! [Blaze] Et mes gages ?! Qui me paiera mes gages ?! [Don Salluste] Vos gages ?! Tenez, les voilà, vos gages ! [Il le frappe tant bien que mal] Je vous chasse ! Vous n'existez plus pour moi ! [Blaze résiste à ses coups, et lui reprend le balai qu'il a dans ses mains] Eh bah ! Eh ! Vous permettez ? C'est MON balai ! [Don Salluste] Bandit ! Escroc ! Voyou ! [Il ferme la porte derrière lui, et lance ce qu'il reste de mobilier, contre la porte] [Il aperçoit un tableau de la Reine] Et toi, garce de Reine ! Salooooooooooooopen ! J'me vengerai ! Tiens ! [Il lance le même mobilier sur le tableau]
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| N'ayant pu convaincre son neveu Don César de suivre ses plans de vengeance, Don Salluste revient vers Blaze pour tenter de le rallier à sa cause. Il l'aborde dans une taverne, déguisé en femme lui prédisant l'avenir. [Don Salluste, lisant sur sa main] Quelle destinée ! Vous n'êtes pas beau, elle est belle ! Vous n'avez pas un sou, elle est très riche ! Vous êtes idiot, elle aussi... Vous êtes un valet, c'est la Reine ! [Il appuie à un endroit précis sur sa main] C'est écrit là ! [Blaze, découragé] Oh... elle sait même pas que j'existe, alors... [Don Salluste, les yeux qui pétillent] Et si moi, par un coup de baguette magique, je supprimais en une nuit cette différence ? Si je faisais de vous, fsssh... un Prince Charmant ? Redonnez-moi votre main ! [Nan !] SIII ! [Nan, noon] Redonnez-moi votre main... [Il la reprend] Vous avez une chance... et cette chance, c'est MOI !
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| Don Salluste, qui surveille de loin l'accession au pouvoir de son valet, apprend l'existence d'un complot visant à l'éliminer. Il tombe devant un gâteau lui étant destiné, et, plongeant une cuillère dedans, s'aperçoit qu'il est empoisonné. [Don Salluste] Cyanure ! [Le cuisinier le surprend] Je t'y prends à chaparder ! Animal ! Butor ! Coquin ! Attends un peu, viens, allez ! Viens avec moi ! Je te dis de venir avec moi ! Je t'amène au Marquis de Priego ! [Ah non, pas l'Marquis] Si, il va te faire bâtonner ! Ca amusera les invités ! [Don Salluste trouve une échappatoire] Non, non, voilà... votre crème... elle est pas sucrée, elle est salée ! [Le cuisinier n'y croit pas] Salée ?! [Don Salluste insiste] Elle est salée ! [Le cuisinier ne se méfie pas, et goûte la crème] Elle est sucrée ! [Don Salluste insiste encore] Elle est salée, mmmnnh ! [lui mime de goûter encore une fois] Allez, encore ! [Il goûte, et s'effondre sous les effets du cyanure]
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| Don Salluste apprivoise un perroquet pour qu'il transmette un message à la Reine. [L'oiseau est bruyant. Don Salluste le fait taire] Chhhht... assez ! [Rrrrrr] Chht ! Ca va ! Maintenant, en voilà assez, hein ! Regarde là-bas ! [Rrrr ?] La Reine est là ! [RRR !] Ngggh, tiens ! [il fait semblant de le frapper] Tu vas voir c'que tu vas prendre ! J'vais t'arracher une plume, moi... [rrrrr...] [Don Salluste lui montre le balcon] La Reine est là, devant toi ! Les fenêtres avec le balcon ! Regarde là-haut, très bien ! Bon alors, maintenant, on rép... tu m'écoutes ?! On répète une dernière fois ! Allez, parle ! Papapapa ! Parle ! Allez ! Allez ! [L'oiseau] Meeeeeeerrrrrrrde ! [Don Salluste, outré] Grossier personnage ! Pour le prix que je t'ai payé... hein ?! Ne le répète pas ! Allez, parle ! Parle ! [rrr !] Parle ! Parle ! [l'oiseau chante] [Don Salluste] Alors, maintenant, tu répètes après moi... "C'est César qui m'envoie"... Allez ! [L'oiseau répète] C'est Césaaaaarrrrr qui m'envoie ! [Don Salluste] Très bien, parfait ! Alors, qu'est-ce qu'on dit après ? Allez ! [L'oiseau] ¡Yo te quiero! [Don Salluste] Non, pas en espagnol, en allemand, elle est allemande ! Allez ! Ich Liebe Dich ! [L'oiseau prononce difficilement] Ich Lie... Ich Lie... [Don Salluste insiste] Ich Liebe Dich ! Allez ! [L'oiseau lui échappe des mains] Ici ! Ici ! [Il se perche sur le balcon de Doña Juana, et l'effraie] [Don Salluste] Qu'est-ce qui fout chez la vieille ? Qu'est-ce qu'y peut bien lui raconter ?! [L'oiseau répète] C'est Césaaaaarrrrr qui m'envoie ! [Doña Juana, étonnée] César ? [Don Salluste, au loin, tente de le rappeler] Coco ! Cocooooo ! Cocoooo ! [Doña Juana, s'adressant au perroquet] Alors, vous dites ? Demain soir ? A l'auberge de la Cabeza Negra ? [L'oiseau] Il t'attendrrrrrrrra ! [Doña Juana, charmée] Il m'attendra ! [L'oiseau s'emmêle les pinceaux] Ja voll, mein Leibe ! [La Reine arrive à son balcon] [Don Salluste] Tu t'es trompé, reviens par là ! La Reine, c'est lààààà ! Au-dessus ! [La Reine voit l'oiseau et l'écoute] [Don Salluste] Allez, parle ! Allez, dis-lui ! [Voyant qu'il ne dit rien, Salluste imite la voix du perroquet] Ich Liebe Dich ! Ich bin envoyé paaarrrr Don Césaaaaarrrr ! [La Reine, en français] Don César ! Vous êtes là ? [L'oiseau réagit enfin] ¡Yo te quiero! [Don Salluste] Sale bête ! Tu vas voir c'que j'te f'rai, après... [La Reine, en français] Don César, vous tombez ?! [Don Salluste] Nein, mein Liebe ! Ich bin confortable ! Kommen sie, retrouver moi, demain soir, auberge de la Cabeza Negra ? [La Reine] Eine rendez-vous ? Das ist eine grosse folie ! [Don Salluste, enjoué] Nein ! Petite folie ! Je peux compter sur vous ? [La Reine, qui n'a pas compris le mot] Compter ? [Don Salluste, avec un accent allemand appuyé] Ja ! Compter ! Eine, zwei, drei ! Compter ! [La Reine a compris] Ja... je viendrai... [Don Salluste chuchote, mais toujours avec un accent allemand] Aaarrr ! Elle viendra ! [Il tombe de son perchoir. La Reine continue de penser tout haut] [Don Salluste] Auf Wiedersehen...
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