Il n'y a plus de place dans l'hôtel. Bouvet et Lefort se retrouvent donc dans une seule chambre, avec un seul lit pour deux. [Bouvet] Venez, voyons ! [Lefort] Oh, je ne pourrai jamais m'y faire, moi ! [Bouvet] Mais si, allez, faites pas de chichis ! Il va être bien, notre petit Stanislas ! [Lefort] Oh écoutez, je vous en prie, hein... [Bouvet] Vous n'êtes pas marié, vous, hein ! [Non] [Lefort] Moi non plus. Mais ça va pas tarder, hein ! Parce que Juliette... [Hé hé hé...] [Bouvet] La guerre a du bon, voyez-vous... A propos... j'voulais vous demander... comment vous me trouvez, physiquement ? [Lefort, gêné] Non, il est tard, il faut dormir, hein, allons ! [Bouvet] Ah ? Bon allez, bonne nuit ! Ah oui, j'ai oublié de vous dire... je ronfle... oh mais c'est rien, vous n'aurez qu'à siffler, je m'arrêterai... [Lefort] Oh, je vais pas siffler toute la nuit, non... [il se lève] [Bouvet] Qu'est-ce qu'il y a, vous êtes fâché ? [Lefort] Non, c'est l'entr'acte. [L'entr'acte ?] [Lefort] C'est l'heure de l'entr'acte. Alors, j'ai ma boule, j'ai ma barre, j'ai l'estomac qui est prrrrfffft... alors il faut que je mange. [Bouvet] Vous êtes fou ! Vous mangerez demain matin, voyons ! L'hôtel est plein d'allemands ! [Lefort] Je suis le mari de la patronne, oui ou non ? |