[Colette] Bah, qu'est-ce qui ne va pas, mon gros canard ? [Barnier] Colette, je t'ai déjà demandé de ne pas m'appeler par des noms d'animaux ! Voilà ! [Colette] Bah, pourquoi ?! C'est gentil, un gros canard ! [Barnier] On appelle pas son père comme ça ! [Colette] Haaannn, mais t'es vieux jeu, Papa ! [Barnier] Et toi, tu serais peut-être un peu trop moderne... si j'en juge par ce que je viens d'apprendre ! [Colette] Tu viens d'apprendre quelque chose, Papa ? [Barnier] OUI ! Je sais tout, figure-toi ! [Colette] Mais tout quoi, Papa ? [Barnier] Fais pas l'innocente, hein ! Tu sais trèèès bien ce que je veux dire, et tu ferais beaucoup mieux de me donner des explications ! [Colette] A quel sujet ?! [Barnier] Au sujet de ton amant !! [La servante arrive par derrière. Il fait mine de répéter sans attirer son attention] Au sujet de ta maman... [Elle s'éclipse en souriant malicieusement vers Colette. Barnier reprend en serrant les dents] Au sujet de ton amant ! Allez, parle ! [Il frappe le dossier du siège où est assise Colette. Elle fait semblant de gémir] Hiiiiiinnnnnnnnnn ! [Tu vas pas recommencer à faire ton bruit, bon sang !] [Il poursuit en hurlant pour couvrir ses cris] Il est venu me demander ta main ! [Elle s'interrompt brusquement] Il est venu... te demander ma main ?! [Barnier] Oui, il sort d'ici, à l'instant ! [Elle recommence à gémir] Oooooooooohhhhhiiiiinn.... [tu vas pas recommencer, hein !] [Elle s'explique] Mais cette fois-ci, je pleure pour de vrai, Papa ! J'étais sans nouvelles de lui depuis quinze jours, je croyais qu'il m'avait abandonnée... [Barnier] Mais il manquerait plus que ça, qu'il t'abandonne, je voudrais bien voir ça, par exemple ! [Colette] Mais Maman avait justement l'intention de t'en parler... [Barnier] Parce que ta mère est au courant ?! [Colette, étonnée] Oui... [Barnier] Alors, je serai donc toujours le dernier à être informé de tout ce qui se passe dans cette maison ! [Colette] Alors, tu veux bien ? [Barnier] Quoi, qu'est-ce que je veux bien ? [Colette] Bah, que je devienne sa femme... [Barnier] Bon écoute, ma petite fille, nous n'en sommes pas encore là, et jusqu'à preuve du contraire, vous n'êtes pas encore mariés... voilà ! [Elle se remet à gémir] Hiiiiiiiinnnnnnn ! [Il la menace] Et si tu continues à faire autant de bruit, je te mettrai pensionnaire dans une institution religieuse ! [Elle hurle de plus en plus fort] Haaaaaaiiiiiiiiiiiiinnnnnnnhinnnnhinnnnn ! [Il renchérit] Jusqu'à ta majorité ! [Elle reprend de plus belle. Il poursuit] Et où ça ?! En Auvergne ! [Il s'en va. Elle continue de hurler dans le couloir, puis elle croise la servante] Mademoiselle ! [Elle aperçoit la servante. Elle s'arrête instantanément de hurler]
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